|
|
CODE DU TRAVAIL\contrat_d'avenir
Les contrats d'avenir sont destinés à
permettre le retour à l'emploi des personnes bénéficiant, depuis
au moins 6 mois, du RMI, de l'allocation de solidarité
spécifique (ASS) ou de l'allocation de parent isolé (API). Ils
seront également susceptibles d'être conclus par les
bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH)
(décret à paraître). Ils ouvrent droit, pour les employeurs
concernés à plusieurs avantages, sous réserve de respecter
certaines formalités obligatoires. Ce nouveau contrat de travail aidé, créé par la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale, doit porter sur des emplois visant à répondre à des besoins collectifs non satisfaits. Les bénéficiaires du contrat d'avenirLe contrat d'avenir s'adresse aux bénéficiaires du RMI, de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) ou de l'allocation de parent isolé (API) dont les droits ont été ouverts depuis au moins 6 mois au cours des 12 derniers mois à la date de conclusion du contrat. Il n'est pas nécessaire d'être inscrit à l'ANPE pour pouvoir conclure un tel contrat. La possibilité de conclure un contrat d'avenir est étendue, par la loi n° 2005-841 du 26 juillet 2005, aux bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), un décret étant attendu sur ce point.
Les employeurs éligibles
La possibilité de conclure un contrat
d'avenir est ouverte aux employeurs du secteur non marchand
appartenant aux catégories suivantes : Le rôle des collectivités locales
Le département ou la commune de
résidence du bénéficiaire ou, le cas échéant, l'EPCI (Etablissement
Public de coopération intercommunal) auquel
appartient la commune est chargé d'assurer la mise en oeuvre du
contrat d'avenir. Pour les bénéficiaires de l'allocation
spécifique de solidarité, de l'allocation de parent isolé (ou de
l'allocation aux adultes handicapés lorsque l'extension aux
titulaires de cette allocation sera effectivement applicable),
l'Etat peut, dans les mêmes conditions, assurer la mise en
oeuvre du contrat d'avenir. Le département ou la commune de
résidence du bénéficiaire ou, le cas échéant, l'EPCI (Etablissement
Public de coopération intercommunal) auquel
appartient la commune peut, par convention, confier à un
organisme délégataire (ANPE, Maison de l'emploi, PLIE, mission
locale...) la mise en oeuvre des contrats d'avenir. La mission de référent peut également être confiée à un organisme chargé du placement ou de l'insertion, notamment à une maison de l'emploi ou à l'un des organismes participant au service public de l'emploi mentionnés à l'article L. 311-1 du Code du travail (ANPE, mission locale, ...). Le cas échéant, le référent peut être la personne physique chargée d'élaborer le contrat d'insertion avec l'allocataire du RMI.
La conclusion du contrat d'avenirContrat d'avenir mis en œuvre par une collectivité territoriale
Lorsque le département, la commune ou,
le cas échéant, l'EPCI (Etablissement Public de coopération
intercommunal) assure la mise en oeuvre du contrat
d'avenir, la conclusion de chaque contrat est subordonnée à la
signature d'une convention individuelle entre le bénéficiaire,
qui s'engage à prendre part à toutes les actions qui y sont
prévues, le président du conseil général ou le maire ou, le cas
échéant, le président de l'EPCI (Etablissement Public de
coopération intercommunal) et l'employeur concerné. La convention d'objectifs doit être conforme à un modèle type ([Cerfa n° 12499*01]) disponible sur le site Internet www.travail.gouv.fr Contrat d'avenir mis en œuvre par l'EtatLorsque l'Etat assure la mise en œuvre du contrat d'avenir (ce qui est possible lorsque ce contrat est conclu avec un bénéficiaire de l'ASS, de l'API ou de l'AAH), la conclusion de chaque contrat est subordonnée à la signature d'une convention individuelle entre le bénéficiaire, qui s'engage à prendre part à toutes les actions qui y sont prévues, le représentant de l'Etat (l'Agence nationale pour l'emploi) et l'employeur concerné. Objet de la convention individuelle
La convention individuelle de contrat
d'avenir : Le non-respect des dispositions de la convention par l'employeur, peut, au terme de la procédure prévue par l'article R. 322-17-8 du code du travail, conduire à la dénonciation de ladite convention, avec l'obligation pour l'employeur de rembourser les aides perçues et de verser les cotisations dont il a été exonéré. La convention individuelle de contrat d'avenir est établie selon un modèle type (Cerfa n° 12500*01), disponible sur le site Internet www.travail.gouv.fr ; sa signature doit être préalable ou concomitante à l'embauche du salarié en contrat d'avenir.
Les caractéristiques du contrat d'avenir
Le contrat d'avenir est un contrat de
travail de droit privé à durée déterminée et à temps partiel. La
durée hebdomadaire du travail des personnes embauchées dans le
cadre d'un contrat d'avenir est fixée à 26 heures. Le contrat d'avenir est régi par l'article 122-2 du code du travail (sauf en ce qui concerne le nombre maximal de renouvellements). Il en résulte notamment que les dispositions relatives au délai de carence entre deux contrats ne sont pas applicables, de même que l'obligation pour l'employeur de verser l'indemnité de fin de contrat (sauf disposition conventionnelle ou contractuelle plus favorable). Durée du contrat : principeLe contrat d'avenir est conclu, en principe, pour une durée de 2 ans. Il peut être renouvelé dans la limite de 12 mois, soit un total de 36 mois. Pour les bénéficiaires âgés de plus de 50 ans et les personnes reconnues travailleur handicapé, la limite de renouvellement peut être de 36 mois, ce qui porte à 5 ans la durée totale du contrat. Durée du contrat : dérogationLorsque des circonstances particulières tenant au secteur d'activité professionnelle ou au profil de poste le justifient, le préfet peut, s'agissant de la convention de contrat d'avenir, prévoir une durée comprise entre 6 et 24 mois, le contrat d'avenir étant alors conclu pour la même durée. Sous réserve du renouvellement de la convention, le contrat est renouvelable deux fois, sa durée totale ne pouvant, compte tenu du ou des renouvellements, excéder 36 mois. Pour les bénéficiaires âgés de plus de 50 ans et les personnes reconnues travailleurs handicapés, cette durée totale ne peut excéder cinq ans. Dispositions communesL'employeur doit préalablement au renouvellement du contrat adresser, selon le cas, au représentant de l'Etat, à la collectivité territoriale ou à l'EPCI (Etablissement Public de coopération intercommunal) signataire de la convention initiale ou à l'Agence nationale pour l'emploi ou au délégataire toute demande de renouvellement de la convention. Le renouvellement du contrat prend effet à la date de renouvellement de la convention. Un bilan doit être réalisé tous les six mois avec l'employeur et le référent
Statut du bénéficiaire du contrat
Le bénéficiaire du contrat d'avenir a
un statut de salarié à part entière ; il est soumis aux mêmes
règles légales et conventionnelles que les autres salariés de
l'organisme qui l'emploie. Parallèlement à son salaire, le salarié en contrat d'avenir peut dans certains cas continuer à percevoir l'allocation dont il bénéficiait à l'entrée de son contrat (RMI, API, ASS, AAH lorsque les bénéficiaires de cette allocation pourront conclure des contrats d'avenir) : le montant de cette allocation est diminué du montant de l'aide versée à l'employeur, soit le montant du RMI accordée à une personne isolée (425,40 € pour 2005). En pratique, c'est donc uniquement si le montant d'allocation est supérieur au montant de l'aide qu'un reliquat d'allocation sera versé au salarié en contrat d'avenir. Les titulaires de l'AAH embauchés dans le cadre d'un contrat d'avenir conserveront en outre, pendant la durée de la convention de contrat d'avenir, les droits qui leur sont garantis en leur qualité de bénéficiaires de l'AAH (comme, par exemple, l'exonération de taxe d'habitation ou de redevance audiovisuelle).
Par dérogation aux dispositions
normalement applicables aux CDD, le contrat d'avenir peut être
rompu avant son terme, à l'initiative du salarié (l'accord de
l'employeur n'est donc pas obligatoires), lorsque celui-ci
justifie d'une embauche pour une durée indéterminée ou pour une
durée déterminée au moins égale à 6 mois, ou du suivi d'une
formation conduisant à une qualification. En cas de rupture du contrat pour un motif autre que ceux prévus ci-dessus ou lorsque ce contrat n'est pas renouvelé et que son bénéficiaire n'exerce pas d'activité professionnelle rémunérée, le versement de l'allocation dont il bénéficiait avant la conclusion du contrat (API, RMI ou ASS ou AAH selon le cas) est maintenu ou rétabli jusqu'au réexamen de ses droits.
Actions de formation et d'accompagnement
Dans le cadre d'un contrat d'avenir,
le salarié doit bénéficier obligatoirement d'actions de
formation et d'accompagnement qui peuvent être menées pendant le
temps de travail et en dehors de celui-ci (dans la limite de la
durée légale du travail). Les engagements sont réciproques et
consignées dans la convention liant les parties :
Les aides à l'employeur
La conclusion d'un contrat d'avenir
ouvre droit, pour l'employeur, à différentes aides : Les bénéficiaires des contrats d'avenir ne sont pas pris en compte, pendant toute la durée du contrat, dans le calcul de l'effectif pour l'application à l'employeur des dispositions législatives et réglementaires qui se réfèrent à une condition d'effectif minimum des salariés, exception faite de celles qui concernent la tarification des risques d'accidents du travail et des maladies professionnelles. Exonération de cotisationsL'embauche d'un salarié dans le cadre d'un contrat d'avenir ouvre droit, pour l'employeur, à l'exonération des cotisations patronales dues au titre des assurances sociales, des accidents du travail et des allocations familiales, pendant la durée du contrat. Le montant de l'exonération est égal au montant des cotisations patronales de sécurité sociale afférentes à la fraction de la rémunération versée aux salariés dans le cadre du contrat d'avenir n'excédant pas le produit du SMIC par la durée mensuelle du travail équivalente à 26 heures hebdomadaires. L'embauche ouvre également droit à une exonération totale de la taxe sur les salaires, de la taxe d'apprentissage et des participations dues par les employeurs au titre de l'effort de construction. Aide forfaitaireL'employeur perçoit une aide forfaitaire égale au montant du RMI pour une personne isolée (soit 425,40 € par mois au 1er janvier 2005). Cette aide est versée par l'Etat (via le Cnasea) ou le Conseil général selon l'allocation perçue par le salarié embauché : ASS ou API pour le premier cas, RMI pour le second. Le débiteur de l'allocation (Etat ou Conseil général) peut confier le service de l'aide à l'employeur à l'un des organismes suivants : CAF, caisse de MSA, Assédic. Aide dégressive
A l'aide forfaitaire s'ajoute une aide
dégressive calculée sur la base de la différence entre la
rémunération mensuelle brute (salaire + cotisations assurance
chômage et protection sociale complémentaire obligatoire) versée
au salarié par l'employeur et le montant de l'aide forfaitaire
visée ci-dessus. L'aide dégressive est versée par le Cnasea mensuellement et par avance ; elle est proratisée sur la base du trentième indivisible. Embauche en CDILa transformation du contrat d'avenir en contrat à durée indéterminée ouvre droit à une aide de 1500 € versée à l'employeur, en une seule fois. Cette transformation doit intervenir avant l'issue de la convention de contrat d'avenir. L'aide est versée après 6 mois de présence effective en CDI du salarié chez l'employeur. Ce dernier transmet une copie du CDI au Centre national pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (Cnasea) qui assure le versement de l'aide. Conséquences de la suspension du contrat sur les aides
En cas d'arrêt de travail ouvrant
droit à indemnité journalière de la Sécurité sociale (maladie,
accident du travail et maladie professionnelle, maternité,
paternité ou adoption), l'employeur doit, dans un délai de 15
jours francs, informer le Cnasea de cet arrêt de travail ainsi
que, le cas échéant, le président du conseil général, auquel il
transmet copie des documents justifiant la suspension du contrat
pour l'un de ces motifs. A compter de la date d'effet de la
suspension, le versement de l'aide forfaitaire et de l'aide
complémentaire dégressive afférentes à la période est interrompu
et les sommes indûment perçues sont reversées. |
|